Le projet de budget 2017-2018, notamment son article 17, continue à faire couler de l’encre et de la salive au Parlement. Dans une lettre adressée au ministre de l’Économie et des Finances, le sénateur Évalière Beauplan l’exhorte à « mettre en place des stratégies pour empêcher la contrebande, pour exiger le paiement des taxes par la frange de la bourgeoisie qui en refuse systématiquement » plutôt que de se verser dans la « facilité » en recourant à la diaspora.

parJuno Jean Baptiste..

« … Les personnes dont le domicile fiscal est situé hors d’Haïti devront fournir la preuve qu’elles sont en règle avec l’administration fiscale de leurs pays de résidence et payeront un impôt minimum forfaitaire de dix mille gourdes », lit-on dans l’article 17 du projet de budget 2017-2018, déjà votée par la Chambre des députés et maintenant en discussion au Sénat de la République. Il n’en fallait pas plus pour que des parlementaires, notamment Evalière Beauplan, crient au scandale. Le sénateur du Nord-Ouest, qui se dit « indigné par le projet de budget », croit que cette décision est de nature à « repousser la diaspora haïtienne, véritable grenier de la masse défavorisée, en l’imposant une taxe sans aucune consultation préalable ».

Dans cette correspondance adressée ce vendredi au ministre de l’Économie et des Finances, Évalière Beauplan l’ « exhorte à mettre en place des stratégies pour empêcher la contrebande, pour exiger le paiement des taxes par la frange de la bourgeoisie qui en refuse systématiquement ». « Avec la récupération de ces moyens, votre gouvernement n’aura pas de problème pour concrétiser vos projets, si vous en aviez effectivement », enchaîne le président de la commission de suivi et d’approfondissement de l’enquête sur l’argent de PetroCaribe.

« Au lieu de vous mettre au travail aux fins de garnir le Trésor public pour le bon fonctionnement du pays, malheureusement vous optez pour la facilité. Je ne vais pour rien au monde m’associer à ce plan macabre susceptible de repousser davantage nos compatriotes de la diaspora », écrit Évalière Beauplan. Joint par téléphone vendredi après-midi, le parlementaire, chirurgien-dentiste mué en politique, s’est voulu le porte-voix des Haïtiens de la diaspora, des policiers.

En même temps qu’il a plaidé pour le retrait de cet article, il a souligné la nécessité de créer de meilleures conditions de travail pour ceux qui sont censés veiller sur nos vies.

Dans le même tempo, le parlementaire, de souche Lavalas, logé au rayon d’une opposition ouverte au régime Tèt kale, exige de « profonds changements dans le projet de budget ». Quoique minoritaire dans un Sénat livré aux mains des Tèt kale, Évalière Beauplan promet de se battre, de « prendre comme d’habitude ses responsabilités ». Dans une note adressée au Sénat, le Front uni de la diaspora haïtienne qualifie cette « mesure d’injuste », l’article 17 dans le viseur. « Dans l’esprit d’assurer la primauté du droit, l’imposition d’une nouvelle taxe devrait être la prérogative du pouvoir législatif. La taxe en question, par conséquent, ne devrait donc pas faire partie du budget », peut-on y lire.

source lenouvelliste

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