Lundi 3 juillet 2017 – Les dernières déclarations de la représentante de la Banque mondiale en Haiti, relatives à l’ absence de vision de l`administration Moise\Lafontant suscitent des sentiments pour le moins contradictoires, chez beaucoup d’ Haïtiens, témoins de la nature de l’ »ingérence étrangère et de ses conséquences néfastes et désastreuses sur le pays.


Ainsi, si l’on se garde bien de jubiler face aux remontrances du patron manifestant son insatisfaction devant le piètre travail de son employé; on ne peut cependant refuser de s’ en faire l’ écho. Car, de telles déclarations ne font que remettre en surface les questions sur le rôle joué par une certaine Communauté internationale, qui vote « continuellement dans nos élections, se substituant aux haïtiens », élit des « idioocrates » à la tête du pays pour mieux asseoir son agenda.

Ni intempestives, ni inopportunes!, les déclarations de la représentante de l’ institution financière internationale sont justes et sans équivoque. Mais, si le constat de la représentante de la BM est on ne peut plus juste, il convient toutefois de rappeler que cette absence de « vision » du pouvoir en place s’ inscrit parfaitement dans le schéma de gouvernement ou de pouvoir tant recherché et prisé par la Communauté Internationale dans son projet de « mise sous tutelle d’ Haiti ».

Alors comment opter en faveur de l’ obscurantisme et l’ idiocratie comme régime politique et vouloir en même temps juger les actions à partir de critères normaux de gouvernance, propres aux responsables et gouvernements soucieux du devenir de leur pays et de leur population? Un tantinet paradoxal!

Comment prioriser la « calebasse vide »et s`attendre à ce que cela se traduise en vision? La vision s’ attache avant tout à une conception, une philosophie de l’être avec cette mentalité de l’intérêt commun et collectif à préserver et sauvegarder. La vision n’ émerge pas du vide!

Mais encore, L’ absence de vision n’ a t’ elle pas été le pré-requis au soutien international de candidats et régimes haïtiens des dernières années?  Martelly & Co n’étaient pas des lumières! Les scandales de corruption et de détournements de fonds publics sont les témoins du passage du typhon, cette absence totale de vision reprochée aujourd’ hui à Moïse.

Mais la Communauté internationale s’est pourtant servie de la même plate-bande pour propulser Jovenel Mois. Alors, on se tue à rechercher un semblant de logique dans les déclarations de Mme Marie Barton Doc, en mettant en contexte le rôle joué par l’ international dans le gâchis actuel.

D’ autre part, il y a ces réactions d’attitudes « offensées et offusquées » du pouvoir face aux déclarations, qui font sourire sarcastiquement et assez tristement, puisqu’ il s’ agit avant tout de notre pays. Il n’ y a pas à prétendre le contraire en feignant un nationalisme à la  » con » : Aucune menée propagandiste consistant à définir un terme pour faire semblant ne peut passer et occulter les faits.

Le pouvoir Moise-Lafontant donne effectivement l’impression ,cinq mois après son installation, d’ opérer les yeux bandés, tâtonnant, touchant à tout sans aucune idée, sans programme, sans projet, avec un président passant du coq à l’ âne, toujours en campagne, peinant à conceptualiser, s attardant aux détails à des fins démagogiques et atteint de temps à autre d’ accès de  » mégalomanie » amusant la place et empêchant qu’on le prenne au sérieux.

De ce point de vue, les déclarations de la Représentante de la BM sont fondées.  De plus, le seul actif du pouvoir est une certaine « Caravane » ,qui pourrait ne pas être un acquis. Si l’on jugeait uniquement un livre sur sa couverture, le nom d’ un tel projet sur lequel apparemment le président mise beaucoup, ne pourrait en aucun cas convaincre sur une quelconque vision attachée à « la Caravane du changement ». Car une Caravane s’ assimile à foire, théâtre, fêtes foraines, cirque.

Et, on lève généralement tentes, plie bagages, les artistes ou membres du cirque repartent vers de nouvelles destinations avec la « Caravane » pour de nouvelles représentations artistiques. La résultante ne peut somme toute qu’ être qu’ éphémère!

En sera-t-il le cas pour la « Caravane du changement »?

On veut bien croire, pour notre salut à tous, que les milliards de gourdes bouffées par cette « Caravane » ne connaîtront pas le sort déjà prédit par le nom.

Crédit:Kathleen Desravines/redwes
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