La MINUSTAH a fait un rapport final sur la situation des droits de l’homme en Haïti avant la nouvelle mission Minujusth.

La Section des droits de l’homme de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah) et le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies ont publié mardi leur dernier rapport annuel sur la situation des droits de l’homme en Haïti avant qu’une nouvelle mission, la Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (Minujusth) soit établie dans le pays, conformément à la résolution 2350 du Conseil de sécurité.

Le rapport annuel, qui couvre la période comprise entre le 1er juillet 2015 et le 31 décembre 2016, reconnaît les progrès réalisés par le pays dans la coopération avec les mécanismes internationaux des droits de l’homme et dans le respect de ses obligations internationales en matière de droits de l’homme.

Le rapport souligne aussi un certain nombre de lacunes, notamment la manque de mise en œuvre des recommandations cruciales formulées par divers organes internationaux et régionaux, ainsi que des experts des Nations Unies, y compris l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Haïti, afin d’améliorer le respect des droits dans le pays.

« Le retour à l’ordre constitutionnel après les élections présidentielles, législatives et locales de 2015-2017 est une réussite évidente pour Haïti et c’est une occasion unique de relever les défis de longue durée en matière des droits de l’homme », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein qui soulignait en même temps que « les conditions cruelles et inhumaines dans les prisons sont particulièrement troublantes. Il faut faire plus d’efforts pour s’attaquer aux causes profondes de la surpopulation carcérale, y compris la modification du cadre juridique pertinent et la réforme de la magistrature ».

Le rapport souligne également un manque systématique de responsabilisation de l’ensemble des acteurs nationaux qui entretient l’impunité. Une référence particulière est faite au manque d’enquêtes systématiques concernant l’utilisation de la force et des nombreuses arrestations illégales ou arbitraires par la police.

En outre, le rapport analyse la situation critique des droits économiques et sociaux ainsi que la situation de vulnérabilité des femmes, des enfants, des personnes LGBTI, des personnes handicapées et des personnes d’origine haïtienne, retournées ou déportées vers Haïti.

« Après l’arrêt du mandat de l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en Haïti, ce rapport annuel fournit des conseils importants aux autorités sur les étapes pratiques nécessaires pour améliorer la situation des droits de l’homme en Haïti », a déclaré le Haut-Commissaire, Zeid. « Nous appelons les autorités haïtiennes à redoubler ses efforts pour mettre en œuvre ces recommandations et nous sommes prêts à les soutenir ».

Rappelons que le Bureau des droits de l’homme de l’ONU est représenté en Haïti par la Section des droits de l’homme de la MINUSTAH, dont le rôle est de soutenir les autorités haïtiennes, l’institution nationale des droits de l’homme et la société civile dans la promotion et protection des droits de l’homme.

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