Les syndicats veulent contraindre le président à faire marche arrière…..

P-au-P, 28/07/17 [cphactualite.com] .- Le coordonnateur général de la Coordination nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha) annonce la poursuite de la mobilisation ouvrière, suite à la décision, le 27 juillet, du président Jovenel Moïse, d’ajouter seulement 15 gourdes au salaire minimum de 335 gourdes proposées par le Conseil supérieur des salaires (Css).

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Il qualifie de complot et de traîtrise le comportement du chef de l’État qui a pris cette mesure, sans consulter le secteur syndical.

Moïse aurait exprimé, lors de certaines rencontres, sa volonté de dialoguer pour une sortie de crise, rappelle le syndicaliste prenant ce revirement comme une tromperie faite au secteur syndical.

Dans un discours à la nation, le chef de l’État a expliqué être parvenu à cette décision après des échanges avec le patronat et les syndicats.

La Cnoha dit maintenir sa semaine de mobilisation à Port-au-Prince, du lundi 31 juillet au samedi 5 août 2017, pour continuer de réclamer un ajustement salarial journalier de 800 gourdes et des accompagnements sociaux.

L’arrêté de Jovenel Moïse démontre le mépris affiché par le président vis-à-vis du secteur ouvrier, avance le coordonnateur général de l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh), Josué Mérilien, joint au téléphone par AlterPresse.

Les 800 gourdes que réclament les ouvrières et ouvriers ne représentent même pas un salaire pouvant aider à bien se nourrir et se loger, vu l’augmentation du coût de la vie.

Il souligne combien Moïse fait le jeu de la bourgeoisie en décidant de fouler aux pieds le droit des ouvriers.

L’Unnoh encourage toutes les forces vives de la nation et, en particulier, les protestataires à maintenir la mobilisation jusqu’à ce qu’ils obtiennent les résultats escomptés.

Dans une note en date du 28 juillet 2017, le Mouvement démocratique populaire (Modep) voit à travers la mesure de Moïse une manière de soutenir les patrons et d’encourager l’exploitation à outrance des ouvriers.

Pour le Modep, ces derniers ont de bonnes raisons de continuer à revendiquer de meilleures conditions de travail.

Le salaire minimum doit être fixé après une évaluation de l’état financier des entreprises, sinon c’est incorrect, soutient, pour sa part, l’économiste Eddy Labossière, en marge d’une conférence de presse, ce vendredi 28 juillet 2017.

Cet arrêté présidentiel ne va pas résoudre les problèmes actuels, affirme le président de la commission finances à la chambre des députés, Jean Marcel Lumérant.

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