Les manifestants ne chôment pas dans le Sud. Les anti- budget 2017-2018 ont de nouveau occupé les rues de la métropole Sud, ce mardi 3 octobre, dans le cadre de leur deuxième journée de mobilisation pour cette semaine. Ils disent ne pas faire foi aux promesses mirobolantes du pouvoir.

parEdver Serisier

Malgré les dispositifs annoncés par les autorités locales pour rétablir le calme dans la métropole Sud après une journée de tension le lundi 2 octobre, les manifestants n’ont pas chômé ce mardi. La mobilisation contre le budget 2017-2018 s’intensifie. Plusieurs centaines de militants ont de nouveau investi les rues pour dire non à l’application du budget qualifié de « scélérat » par plus d’un et contraindre le président à adopter un budget « rectificatif » répondant aux attentes des couches les plus vulnérables.

Ce mardi 3 octobre, l’atmosphère était peu tendue par rapport à la journée de mobilisation de lundi dernier entachée d’incidents malheureux. Toutefois, une grande peur régnait dans la ville. Beaucoup d’élèves n’ont pas pris le chemin de l’école et sont restés chez eux, par crainte de se retrouver dans des situations dangereuses. De nombreux parents interrogés par Le National ont déclaré ne pas vouloir être la proie d’agents de la Police toujours trop disposés à faire usage du gaz lacrymogène contre la population, au moment des manifestations.

Il faut souligner que dans la nuit du 2 au 3 octobre des images de pneus enflammés, montrant une ville « des Cayes » méconnaissable, circulaient déjà sur tous les réseaux sociaux. Ce qui a renforcé le sentiment d’inquiétude chez les citoyens et citoyennes. Alors que vers 10 heures du matin, heure de rassemblement des militants, c’était la panique.

Ne voulant pas revivre les mêmes « cauchemars » du lundi 2 octobre, avec des dizaines d’élèves évanouis sous les effets des gaz lacrymogènes et des hôpitaux dépassés par les événements, les parents ont vite rebroussé chemin pour ramener leurs enfants à la maison. Ce qui explique que, ce mardi 3 octobre, plusieurs écoles ont été obligées de relâcher les enfants avant l’heure prévue.

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La ville des Cayes, depuis le lancement de la mobilisation contre le budget « criminel », vit dans la peur. Les autorités locales « La police, la Mairie, le Parquet et la Délégation du Sud » ont, dans une conférence de presse conjointe, annoncé des dispositifs pouvant rétablir le calme dans cette ville si « hospitalière ». Le maire principal des Cayes, Jean Gabriel Fortuné, n’a pas mis de l’eau dans la bouche pour dénoncer un ex-sénateur et des anciens candidats aux dernières législatives qui seraient, selon lui, les vrais instigateurs de ce mouvement de contestation contre le budget et contre le gouvernement Moïse/Lafontant.

Le premier citoyen de la 3ville du pays, « Kaptenn Gabo » porte un démenti au fait que ce sont les agents de la PNH, incriminés par la population, qui ont lancé des grenades de gaz lacrymogène dans les écoles, accusant par ailleurs, l’un des organisateurs du mouvement.

Le maire Fortuné appelle donc la population à ne pas se laisser intimider par « des frotteurs de troubles ». Aux parents, il demande « de prendre les armes pour envoyer leurs enfants à l’école ».

Le directeur départemental de la Police, Mario Auberjuste, lui aussi, rejette d’un revers de main l’implication des agents de la PNH dans les actes de violence. Il dit que les policiers ont reçu des formations sur l’usage des grenades lacrymogènes et savent où et quand les utiliser. Mario Auberjuste affirme que les agents de la Police sont tenus de respecter la déontologie de la Police. En ce sens, ils ne feraient jamais l’usage de gaz à proximité des écoles voire dans une cour scolaire comme cela a été le cas, le lundi 2 octobre.

Entre-temps, une situation de tension règne dans la métropole du Sud, notamment dans certains coins de la Savane où la police a encore du mal à intervenir. Certains parents sont très sceptiques quant à la reprise normale des activités scolaires avant la fin de la semaine.

 

 

source lenational

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